11 Juin 2015: Discours de clôture du Congres de l'URCA

Rénovatrices, Rénovateurs,

Sympathisantes et Sympathisants de l’URCA,

 

Je vais déroger aux usages, pour commencer mon propos. En effet,

pour clore ce premier Congrès Ordinaire de notre Parti, mes premiers mots s’adressent d’abord à vous !

 

Je ne puis contenir ma fierté de présider aux destinées d’un Parti, certes jeune puisqu’il a moins de deux ans, mais qui compte déjà dans ses rangs, des militants déterminés.

 

Des militants qui ont été assidus aux quatre journées de réflexion et de travail, et qui se sont mobilisés pour répondre aux défis que nous nous sommes assignés pour cette première assise démocratique de notre Parti, l’URCA.

 

De l’Université du Parti aux assises du Congrès proprement dit, j’ai découvert des hommes et des femmes de tous horizons, qui se sont appliqués à transcender leurs différences, pour communier dans les idéaux et les valeurs de notre Cher et Jeune Parti : le Rassemblement dans la tolérance, la recherche de la cohésion sociale pour la Paix, et la définition des priorités pour le Développement authentique qui sortira notre Peuple de la misère !

 

J’ai donc pu vivre et partager avec vous, notre devise : « Rassemblement, Paix, Développement » et le leitmotiv de notre Union : « UN POUR TOUS, TOUS POUR UN » !

 

Pour cela, je vous adresse mes sincères remerciements pour votre dévouement à la cause du Parti, et mes félicitations pour la qualité de vos travaux et l’esprit de solidarité et de partage qui a motivé votre implication.

 

 

 

Distingués Invités,

Mesdames et Messieurs,

 

Permettez-moi de vous renouveler, une fois de plus, mes très sincères remerciements pour avoir répondu si nombreux à notre invitation, rehaussant ainsi de votre présence cette cérémonie de clôture du 1er Congrès Ordinaire de notre jeune parti l’URCA.

 

J’ai été sensible, et tous les militants de l’URCA ici présents, l’ont souligné, à la marque de fraternité que constitue votre présence à nos côtés. Surtout, vos messages à l’ouverture de nos assises ont été empreints de sincérité et de franchise. Soyez assurés que vos sages conseils alimenteront notre action politique, dans le sens d’une pratique démocratique, où le débat devra rester dans les limites de la tempérance et de la tolérance que nos Partis frères ont appelé de leurs vœux.

 

Nous sommes convaincus à l’URCA, que l’œuvre de rénovation nationale exige la mobilisation de tous les talents, au-delà de notre diversité partisane!

Rénovatrices et Rénovateurs, je vous demande d’applaudir nos frères des autres Partis politiques ici présents !  

 

Chers Congressistes,

Distingués Invités,

 

Je puis annoncer solennellement, à cette tribune, que le Premier Congrès Ordinaire de l’URCA est une réussite. Les militants ont su respecter le cadre de travail, et les délais impartis par le Comité Préparatoire pour l’organisation de ce Congrès.

 

La Commission « Textes » a procédé au toilettage de nos Statuts, et pris en compte les modifications décidées, dans le Règlement Intérieur. Le Bureau Politique sera composé désormais de 19 membres, non compris le Président du Parti. Les modifications décidées l’ont été dans le souci d’une plus grande efficacité dans la mobilisation des militants et des citoyens, dans l’optique du combat électoral à venir. 15 membres seront élus à travers les organes du Congrès, tandis que le Président nommera 04 Conseillers auprès de sa personne, qui siègeront sans voix délibérative. Ils participeront notamment à fluidifier l’information du Président.

 

La Commission « Stratégies » a défini les grandes lignes de la stratégie du Parti dans le contexte actuel : mieux faire connaître le candidat du Parti par les électeurs et vulgariser au sein des populations sa personne, son histoire, ainsi que le Projet et les idéaux qu’il défendra dans la bataille présidentielle. Le déploiement du Bureau Politique et du Candidat sur le terrain, et particulièrement dans l’arrière-pays, a fait l’objet d’une attention particulière. Le souci de contribuer au retour de la cohésion nationale, a amené la Commission à faire des recommandations dans le sens d’une parole mesurée, responsable et apaisée. D’ores et déjà, la première priorité qui doit nous animer tous, c’est l’inscription massive des compatriotes sur les listes électorales.

 

La Commission « Candidatures » a défini les modalités de sélection des candidats aux fonctions dans l’appareil du Parti. Les candidatures aux différents postes ont été reçues hier et jusqu’à ce matin, 9h.

Les travaux du Congrès en session plénière ont ainsi été clôturés ce matin, par l’élection des membres du Conseil National Politique qui, à leur tour, ont élu les 4 vice-présidents. Pour des raisons de calendrier, les autres responsables du parti seront élus demain matin, puis que le Présidium du Congrès a convoqué tous les congressistes au Siège de l’URCA pour l’élection :

  • des membres des Bureaux des Organisations Spécialisées du Parti, à savoir ceux de l’Organisation des Jeunes de l’URCA (OJRCA) et ceux de l’Organisation des Femmes de l’URCA. Puis le Congrès a mis en place le Conseil National Politique (OJRCA) ;
  • et des membres du Bureau Politique.

 

Rénovateurs, Rénovatrices,

Chers Congressistes,

 

Vous avez bien voulu me désigner afin de porter les couleurs de notre Parti, l’URCA, aux prochaines élections présidentielles. Je saisis l’occasion pour vous renouveler mes remerciements pour cette marque de confiance. ET JE TIENS A VOUS DIRE CECI, EN RETOUR : JE FERAI TOUT CE QUI EST EN MON POUVOIR, POUR NE PAS DECEVOIR L’ESPOIR PLACE EN MA MODESTE PERSONNE. EN D’AUTRES TERMES, J’USERAI JUSQU'A MON DERNIER SOUFFLE, POUR QUE, ENSEMBLE AVEC LES AUTRES COMPATRIOTES QUI NE SONT PAS MEMBRES DE L’URCA, NOUS TRIOMPHONS DE LA MEDIOCRITE ET DU MENSONGE POUR FAIRE REVER CE PEUPLE QUI N’A QUE TROP SOUFFERT !

 

Distingués Invités,

Chers Congressistes,

 

Si j’ai accepté cette exaltante charge de représenter notre Parti à l’élection présidentielle du 18 octobre prochain, c’est parce que cette sollicitation répond à des motivations personnelles construites par mon parcours politique et social depuis 1996.

 

Vous vous souviendrez qu’il y a un peu plus de trois ans, en 2012, aux obsèques de feu le Président Ange-Félix PATASSE, j’annonçais solennellement que je rompais le silence que je m’étais imposé depuis mon départ de la Primature, le 1er avril 2001.

 

C’était ma manière à moi, d’annoncer à mes compatriotes, et à la face du monde, que j’entrais enfin en politique, Jusque-là, j’avais fait de la politique presque par effraction, au détour de responsabilités ministérielles et gouvernementales résultantes du choix discrétionnaire du Chef de l’Etat de l’époque.

 

J’ai ainsi pu exercer les plus hautes fonctions de l’Etat, parce que mon profil était celui d’un technocrate, issu de la société civile, en qualité de fonctionnaire international à la Banque des Etats de l’Afrique Centrale.

 

J’ai été successivement Ministre des Finances et du Budget, puis Premier Ministre, Chef du Gouvernement, cumulativement avec les fonctions de Ministre de l’Economie, des Finances et de la Coopération Internationale, entre 1996 et 2001. Le contexte politique était des plus difficile : une majorité parlementaire d’une voix, avec un Président élu contesté par une grande partie de l’armée façonné par son prédécesseur, des mouvements sociaux plus ou moins instrumentalisés par les forces politiques d’opposition, et une classe politique figée dans des postures hostiles à la recherche du compromis.

 

Ma trajectoire familiale et sociale m’ont imposé très tôt, cette attitude de tempérance et de main tendue que d’aucuns qualifient parfois de faiblesse, mais le l’assume. Les origines ethniques de mes parents sont à cheval sur au moins trois préfectures, l’Ouham Pendé, l’Ouham et la Basse Kotto. J’ai moi-même fondé une famille et ma femme est originaire de deux autres préfectures, la Lobaye et la Ouaka. De ce fait, mes enfants sont une parfaite synthèse de la société centrafricaine, dans sa diversité ethnique et culturelle.

Que dire de tous les liens d’amitié et de fraternité que le fils d’instituteurs et l’ancien séminariste que je suis a tissé  durant sur les bancs de l’école, à l’université et dans la vie professionnelle ?

 

Je laisse aux historiens le soin de présenter et caractériser la période de mon premier passage au sommet de l’Etat. Mais cette trajectoire familiale, sociale et professionnelle a largement influencé le fil conducteur de mon action gouvernementale : la recherche de l’ouverture politique pour une gestion apaisée; le renouvellement et le rajeunissement des cadres au niveau du Gouvernement et des Administrations ; l’assainissement des finances publiques et la restauration de l’Etat; et j’en passe !

 

Nous avons œuvré à reconstruire et consolider les fondamentaux de notre économie qui était à la dérive. Les Gouvernement qui nous ont succédé ont ainsi pu bénéficier de cette action d’assainissement.

Quelques résultats tangibles de notre action gouvernementale sont pourtant visibles dans le pays, sans que l’opinion sache d’où sont venues les impulsions et les décisions fondatrices. Je citerai seulement et très modestement, trois réalisations qui font la fierté de notre capitale : le Monument des Martyrs, l’Hôtel LEDGER PLAZA qui nous héberge aujourd’hui ; et le Stade dit des 20.000 places.

 

Enfin, je croise encore nos amis syndicalistes qui ont expérimenté le dialogue social avec nous, alors que nous refusions et refusons toujours toute forme de violence comme moyen d’expression et d’action politique. Nous avions subi le déchainement de violences verbales, ici et à l’étranger, de la part de nos compatriotes, lorsque nous étions parti solliciter notre Diaspora pour venir aider au relèvement du pays. Le témoignage de Monsieur Jeannot Christophe GOUGA III, nous a rappelé cette démarche. Aujourd’hui, la Diaspora a gagné le combat de sa légitimité, et le droit d’être représenté dans les institutions nationales. Que dire de tous ceux que mon Gouvernement a aidé à rentrer au pays, et qui ont connu des parcours nationaux et internationaux brillants, et dont nous sommes fiers.

 

Enfin, puis-je rappeler que durant mon mandat de Premier Ministre, tout a été fait, non sans mal, pour empêcher la survenance de crises politico-militaires!

Ainsi, je demeure à ce jour l’unique Chef de Gouvernement depuis 1996 à avoir géré le pays sans qu’aucun mouvement armé ne perturbe la quiétude des populations. Au regard du triste record que notre pays a accumulé dans ce domaine, notre performance mérite d’être soulignée!

 

Le débat électoral à venir permettra d’approfondir tous ces points. Il donnera également l’opportunité de répondre efficacement aux mesquines rumeurs et aux  maladroites  tentatives de manipulation de certains de nos adversaires politiques qui, de toute évidence, auront beaucoup de mal à entretenir un véritable débat d’idées !

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais aujourd’hui, devant vous, remercier plus particulièrement mon épouse Luisa, qui accepte que je me lance en politique. Luisa a toujours fait preuve de méfiance face à ce monde si particulier, parce qu’elle a grandi à l’ombre d’un homme politique. En effet, son père Joseph POTOLOT, qui a occupé de très hautes fonctions dans le gouvernement de notre pays, est mort jeune alors qu’il était candidat aux élections présidentielles de 1992. Plus tard, pendant que j’étais Chef de Gouvernement, ma femme a vécu et souffert de l’extrême violence verbale et de la méchanceté gratuite qui sont le lot d’un homme d’Etat de premier plan. Elle a su être là et m’accompagner à chaque instant des années que j’ai passées au Gouvernement. Je sais qu’elle sera aussi être à mes côtés pour les taches lourdes auxquelles j’aspire.

 

Mesdames et Messieurs,

 

A ce stade, il est un devoir pour moi de saluer la Mémoire de Ange Félix PATASSE, ancien Président de la République, qui m’avait mis le pied à l’Etrier. Dans ce bas Monde, chaque homme doit toujours son ascension politique à un autre. A chacun de saisir sa chance et d’imprimer sa marque dans l’histoire. Dans mon cas, Ange Félix PATASSE avait repéré un jeune qui n’avait pas 40 ans, qui n’était ni son parent, ni un militant de son parti. Il l’a nommé Ministre des Finances, puis Premier Ministre, Chef de Gouvernement. Par la suite, il l’a envoyé diriger une grande Banque sous régionale.

Je me souviens que, une semaine après ma nomination comme Chef de Gouvernement, le Président Patassé s’était agacé de mes incessants appels téléphoniques pour demander ses instructions. Il m’a textuellement dit ceci : « Mon fils, je t’ai envoyé faire le Labi. Tu dois apprendre à devenir un homme ! ». En effet, le Labi dans certaines ethnies du Nord-Ouest de notre pays est une initiation très éprouvante, destinée à faire rentrer les adolescents dans le monde des adultes.

La mienne a été très dure, mais j’ai tant appris que je peux maintenant affirmer qu’aujourd’hui, à 58 ans, je suis un homme expérimenté et aguerri, prêt à briguer la Magistrature Suprême de notre pays.

 

Distingués Invités,

Chers Congressistes,

 

Ma double expérience, gouvernementale et financière à un haut niveau m’a très tôt convaincu de la nécessité de changer notre approche de la politique, en changeant radicalement les mentalités. J’ai été habitué de par ma trajectoire professionnelle, à privilégier l’excellence et la synergie des talents, fussent-ils étrangers comme celui de mon ancien directeur de cabinet à la BDEAC qui a apporté un témoignage émouvant à cette tribune il y a deux jours. J’en garde un capital relationnel et une compréhension des enjeux internationaux que peu de candidats peuvent faire valoir en ces temps agités où le relèvement du pays exige des qualités particulières.

 

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Chers Compatriotes,

 

Au regard des défis colossaux qui nous guettent, nous devrons porter à la Magistrature Suprême un Homme d’Expérience, qui a fait ses preuves et qui présente des états de service reconnus, aussi bien par la communauté nationale qu’internationale !

 

Car il s’agira de rebâtir rapidement notre Nation qui a quasiment tout perdu ! il faudra vite poser les jalons qui rassurent nos partenaires et les encouragent à nous accompagner dans ce qui sera une course contre la montre, pour non seulement rattraper le temps perdu depuis trente ans dans nos guerres civiles à répétition, mais aussi se mettre au niveau de nos voisins, qui pendant ce temps ont pu mettre en place des programmes d’émergence leur permettant d’envisager l’avenir avec plus d’optimisme et de sérénité.

 

Nous devrons résolument refuser de céder à la tentation de la fatalité et croire que notre pays serait, comme je l’entends parfois, maudit ! Cela est une hérésie qu’il faut rejeter avec la dernière énergie ! L’histoire récente nous montre que des pays qui se sont retrouvés dans des situations comme les nôtres, certes pour des raisons différentes, ont pu s’en sortir à force de travail et d’abnégation :

 

Juste à côté de nous, le Congo-Brazzaville a connu en 1997 une guerre civile terrible qui a ravagé le pays et laissé des séquelles profondes. Mais sous l’impulsion éclairée et énergique de Son Excellence Denis SASSOU NGUESSO, le Congo a su en quelques années remonter la pente et aujourd’hui le pays rayonne plus que jamais ;

 

En Guinée Equatoriale, Son Excellence Teodoro OBIANG NGUEMA MBASOGO, a pu en moins de 10 ans transformer le visage de son pays qui avait connu des difficultés similaires aux nôtres, en mettant en place une politique ambitieuse de construction d’infrastructures modernes qui ont complètement transformé les villes et les villages de tout le Pays;

 

Au Tchad, Son Excellence Idriss DEBY ITNO, a lui aussi mis en place un programme ambitieux de construction des infrastructures qui est en train de transformer le visage de Ndjamena et de l’arrière-pays. 

 

Un peu plus loin de chez nous, Au Rwanda, Son Excellence Paul KAGAME, après le terrible drame de triste mémoire qu’a connu ce pays frère, a su relancer l’économie exsangue dont il a hérité en faisant preuve d’ingéniosité, notamment en élargissant son horizon et en diversifiant le spectre de ses partenaires qui l’ont accompagné dans la réalisation du programme ambitieux qu’il a conçu pour son pays. Aujourd’hui, beaucoup s’accordent à dire que le Rwanda est un exemple à suivre en termes de stratégie de développement pour un pays en phase de post-conflit.    

 

Ce sont là quelques exemples qui doivent nous inspirer et nous redonner confiance en notre capacité de reconstruire notre pays aujourd’hui meurtri. L’histoire nous apprend que c’est dans les moments difficiles qu’un peuple doit faire montre de son génie sous l’impulsion d’un leader éclairé !

Je ne veux plus voir mes compatriotes verser dans le fatalisme.

Je vœux que imitions et fassions mieux que nos voisins.

 

 

Distingués Invités,

Mesdames et Messieurs,

 

En dépit des nombreux reports plus ou moins justifiés, la période de Transition que connaît notre pays devra prendre fin d’ici la fin de l’année.  Pour cela, je tiens à féliciter Son Excellence Mme Catherine SAMBA PANZA, Chef de l’Etat de Transition et à lui manifester toute notre reconnaissance pour son implication personnelle dans le respect de la parole donnée à la Nation et à nos partenaires internationaux. Nous savons pouvoir compter sur le Gouvernement de Transition pour que la neutralité de l’Etat soit garantie et que l’administration ne soit pas manipulée au profit des uns et les autres. Nous saurons rester très vigilants sur ce point, car le retour à la paix et à la réconciliation nationale seront largement tributaires de la manière dont nos compatriotes percevront la transparence des scrutins et la fiabilité de leurs résultats.

 

Distingués invités,

 

S’agissant de l’offre politique de l’URCA aux centrafricains, nous avons d’abord pensé à définir une vision d’ensemble que nous avons sobrement intitulé « Vision Politique 2015 » qui sous-tend un Programme de Société baptisé « Le Renouveau ». Il s’articule autour de 8 points principaux, qui sont autant d’objectifs à atteindre dans des délais raisonnables, car nous savons que non seulement le temps nous est compté, mais en plus, il joue contre nous.

 

Notre vision part d’un constat simple : Un pays de 5 millions d’habitants, sur une superficie de 623000 km², ne peut et ne pourra jamais être géré avec des recettes annuelles du Trésor National qui atteignent difficilement 100 milliards de francs CFA, dans les années fastes. Pour réaliser une année de recettes budgétaires de certains pays de la Zone CEMAC, il faudrait plus de 60 années à la RCA dans l’état actuel de notre économie.

 

Notre priorité sera donc de créer des richesses et donc de développer le secteur privé. Nous devrons créer les conditions nécessaires pour améliorer très sensiblement le climat des affaires et attirer l’investissement privé étranger. Nous devrons également  prendre des mesures de tous ordres pour attirer la jeunesse centrafricaine  vers le monde des affaires. C’est à ce prix que notre économie aura une croissance soutenue, créatrice de richesses et d’emplois.

 

Notre action politique  sera donc articulée comme suit :

 

  1. La reconstruction du Tissu Social National nous parait comme étant la priorité des priorités : la réconciliation entre les Centrafricains de toutes les obédiences religieuses sera le cheval de bataille de notre action pour recréer la confiance et ramener ceux de nos compatriotes qui ont dû quitter le territoire national pour trouver refuge à l’étranger, de rentrer dans leur pays pour vaquer à nouveau à leurs occupations. Il en est de même pour nos compatriotes encore présents sur les sites des déplacés internes, ironiquement appelés « ledger ». L’Etat, avec l’aide de ses partenaires internationaux ne lésinera pas sur les moyens pour que ce premier objectif soit atteint.

 

  1. La réorganisation de nos Forces de Défense et de Sécurité  est également une nécessité absolue : la crise récente a montré l’étendue du délabrement de nos forces de défense et de sécurité. L’Armée, la Gendarmerie et la Police sont à reconstruire de fond en comble : un effort conséquent et sans précédent soit entrepris pour moderniser le mode de fonctionnement de nos forces armées. Un effort particulier doit être porté sur la formation de nos soldats et officiers pour qu’ils assimilent les obligations régaliennes d’une armée apolitique et au service des Autorités de l’Etat ;

 

  1. La Consolidation de la Démocratie à travers la mise en place d’institutions fortes qui garantissent le fonctionnement moderne et efficient de l’Etat, est également une nécessité. Le parti au pouvoir ne doit plus contrôler tous les leviers du pouvoir et priver l’opposition de la possibilité d’exister par des moyens légaux. Le Gouvernement issu des urnes devra s’engager à mettre en place dans un délai raisonnable toutes les institutions prévues par la nouvelle constitution, et réaffirmées lors du Forum National afin que la vie politique soit apaisée, et enlever à nos compatriotes toute envie de recourir aux armes pour tenter d’accéder au pouvoir. L’accès aux médias doit être assurée aux organisations politiques et syndicales dûment agréées par l’Administration Centrale, et la garantie d’une justice impartiale assurée à ceux qui se sentent lésés par l’Administration.

 

  1. Le Redéploiement de l’Administration à travers le territoire National est un impératif majeur si nous voulons atteindre les objectifs de notre programme. Car c’est bien l’Administration qui doit fournir les services de base aux populations se trouvant dans les coins les plus reculés de notre territoire, et qui pendant trop longtemps ont été abandonné  à leur triste sort. Dans certaines contrées de notre pays, certains de nos concitoyens n’ont pas vu un seul fonctionnaire de l’Etat depuis des années. Tout se passe comme si la Centrafrique se résumait à Bangui ! Car sans Administration efficace contrôlant tout le territoire national, point d’Etat !

 

  1. La Redynamisation de l’activité économique est la condition sine qua non de la réussite de notre programme de société ! Et reconnaissant les limites des capacités financières et budgétaires de l’Etat, nous avons volontairement placé le secteur privé au centre de la reprise des activités économiques dans notre pays. Je voudrais à cet égard souligner que notre parti l’URCA est d’obédience Social-Démocrate, c’est à dire que nous reconnaissons que l’économie est avant tout une affaire d’entrepreneurs qui prennent des risques et le rôle de l’Etat est de s’assurer que ces investisseurs soient protégés par un arsenal juridique qui les rassurent et les incitent à investir davantage dans le pays. L’Etat se chargera de mettre en place un environnement juridique et judiciaire qui soit propice à la bonne conduite des affaires dans notre pays. Nous voulons assurer la communauté d’entrepreneurs et d’hommes d’affaires que la Centrafrique est « business-friendly », c’est-à-dire que la RCA est ouverte aux investisseurs scrupuleux et désireux d’investir dans des projets sérieux, générateurs d’emplois et créateurs de richesses. L’Etat se chargera de la réhabilitation des infrastructures de base telle que les routes, les ponts, les barrages hydro-électriques, les hôpitaux, les écoles, etc… en utilisant les techniques et instruments de financements modernes et innovants ; cela peut être faire sous forme de partenariats publics-privés classiques ou en BOT. Pour cela nous impliquerons nos partenaires traditionnels ainsi que les pays émergents qui ont fait la preuve qu’il était possible de décoller économiquement dans un horizon de 15 à 20 ans. Tout dépendra du sérieux que nous mettrons dans cet effort et de l’implication des Centrafricaines et des Centrafricains dans les initiatives du Gouvernement.

 

  1. La rénovation du système éducatif est également un souci majeur qui doit être au centre de toutes les préoccupations.  En effet, on note que tous les pays qui se sont développés ces 30 dernières années sont ceux qui ont investi massivement dans l’éducation, n’hésitant parfois pas à en faire le premier poste budgétaire de l’Etat ; il en est ainsi de Singapour, de la Malaisie, et dans une moindre mesure de la Corée du Sud et de la Thaïlande. Les résultats ne se sont pas fait attendre. En moins de trente ans, ces pays sont tous devenus des pays dits « émergents » mais qui en réalité sont des pays développés à économie très avancée. Il ne s’agit plus seulement de pays qui se contentent d’imiter ou de copier ce qui se fait en Occident ou d’imiter des produits occidentaux comme on le leur reprochait par le passé. Aujourd’hui ce sont des pays qui sont véritablement à la pointe de l’innovation, mettant sans cesse en avant des technologies nouvelles reprises dans le monde entier. Il n’est pas vain de rappeler ici qu’en 1970 la Corée du Sud avait le même niveau de PIB que le Ghana, aujourd’hui la Corée du Sud compte au rang de 12ème puissance économique du monde et nos amis du Ghana, en dépit des efforts immenses réalisés n’ont malheureusement pas encore atteint un tel niveau. L’Education et son corollaire la formation doivent donc être placées au centre des préoccupations de l’Etat et le Gouvernement qui sera issu des urnes devra avoir à cœur à reconstruire les écoles, former les instituteurs et les professeurs afin que ceux-ci soient véritablement armés pour transmettre le savoir et la connaissance à nos enfants ainsi qu’à nos jeunes frères et sœurs afin qu’ils puissent être en mesure d’affronter le monde qui les attend avec des outils adéquats.

 

  1. La réhabilitation du système de santé est également une impérieuse nécessité pour garantir à nos concitoyens, où qu’il se trouve sur le territoire national, l’accès aux soins de base. Il conviendra donc de rénover les centres de soins primaires, tout au moins ceux qui peuvent encore l’être, d’entreprendre un effort colossal de modernisation de nos centres de soins existants, et à terme d’envisager la construction de centres hospitaliers modernes dans les principales villes du pays. Il convient de noter que les nombreuses crises à répétition qu’a connues le pays ont provoqué des traumatismes graves au sein de nos populations. Beaucoup de nos compatriotes n’ont pas fait l’objet d’une prise en charge médicale et psychologique au lendemain de ces crises et sont laissés en déshérence, abandonnés à leur triste sort. L’effort de réhabilitation de notre secteur de santé devra placer au cœur de cette initiative une véritable politique ambitieuse de santé publique qui permette de prévenir les grandes endémies mais aussi de guérir ceux d’entre nous qui souffrent de maladies  diverses non prises en charges par le système de santé actuel. L’objectif à terme sera de mettre en place un système d’assurance maladie qui garantisse, au minimum, à chaque citoyen un accès aux soins primaires.

 

  1. L’instauration d’un statut Spécial pour les plus Hautes Autorités de l’Etat doit être enfin être une réalité afin d’éviter les dérives observées dans le passé. Les Chefs d’Etat qui se sont succédé depuis l’indépendance à la tête de notre pays (David Dacko, Jean Bédel Bokassa, André Kolingba, Ange Félix Patassé)  ont tous terminé leur vie dans une misère totale.  La Nation a oublié d’être généreuse et reconnaissante vis-à-vis d’eux. Nous veillerons à ce qu’une loi oblige l’Etat à veiller sur ceux qui ont exercé les plus hautes fonctions au sein de l’Appareil de l’Etat (Ancien Chef d’Etat, Ancien Premier Ministre, Ancien Président de l’Assemblée Nationale). Un statut spécial ainsi qu’un régime particulier leur permettra de bénéficier d’une indemnité et d’un traitement décent leur autorisant un certain nombre d’avantages matériels les mettant à l’abri du besoin. Cela réduirait chez eux la tentation de s’accrocher au pouvoir coute que coûte, ou de recourir à des actions de subversion pour retrouver les privilèges perdus.

 

 

Distingués Invités,

Rénovatrices, Rénovateurs,

 

C’est à la rencontre des populations que de programme de société trouvera à s’enrichir, avec le maximum de propositions concrètes, pour répondre aux attentes véritables.

 

La RCA est aujourd’hui à la croisée des chemins. Les Militants de notre parti, l’URCA, ont fait leur choix, celui de me permettre de porter leurs couleurs lors de la prochaine élection Présidentielle. Nous vous demandons de croire en notre volonté, en nos capacités et en notre détermination à changer le cours de l’histoire de ce pays.

 

Le Combat pour le Renouveau de la RCA ne sera pas facile car nous savons bien que les forces négatives chercheront à se dresser sur notre chemin…Mais sachez-le : rien ne me dissuadera, rien ne me détournera du chemin que j’ai tracé et vous avez bien voulu baliser !

 

Ensemble nous allons sortir ce pays de l’ornière car telle est la volonté de notre peuple qui mérite de vivre des lendemains meilleurs ! Nous le ferons avec les frères et sœurs des autres Partis Politiques partageant les mêmes aspirations ; nous le ferons avec nos frères et sœurs, jeunes et moins jeunes, qui se tiennent à distance des partis politiques, mais qui sont aussi des citoyens conscients et responsables !

 

Vive l’URCA !

Vive la Centrafrique !

Que Dieu Vous bénisse !

 

Je vous remercie, UN POUR TOUS, TOUS POUR UN !!!